Voici ma véritable histoire.

Pourquoi véritable ? Parce que jusqu’ici, j’avais « créé » un joli storytelling. Attention, je n’ai jamais menti, ça ne me ressemble pas. Je ne sais pas faire de toute façon. Quand je mens, je tremble, et ça se voit, et ça se lit.

Non, c’est juste que j’avais fait ressortir le côté sympa de la chose.

Le jour où j’ai saisi l’enjeu d’être 100% soi-même, je suis revenue à CETTE page de mon site. La page « histoire ». Il fallait bien commencer par là.

Ces quelques lignes, elles racontent la réalité telle que je l’ai vécue. Et qu’est-ce que ça m’a fait du bien de les écrire ! Une libération !

Aujourd’hui, je ne crée plus UNE histoire, je livre MON histoire, sans tri.

Bien sûr, je ne remonterai pas à ma tendre enfance car tout le monde s’en fiche et c’est bien normal (sauf mes parents qui adorent me rappeler ce que je faisais et disais quand j’avais 4 ans – ils en rigolent encore d’ailleurs !).

J’ai envie de partager avec toi un petit bout de cette existence qui est la mienne, histoire de comprendre ce que je fais là et, surtout, ce que j’ai à t’offrir.

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« J’adorais mon métier de formatrice. Pourtant, celui-ci n’était pas valorisé »

Il n’y a pas si longtemps, j’étais formatrice de français dans un Greta. J’adorais mon métier. Pourtant, celui-ci n’était pas valorisé.

En réalité, il n’était valorisé que par mes pairs. Je me souviens de ces moments d’échanges et de partages d’expériences autour de la machine à café. Ce qui nous tenait ? La passion de transmettre et d’accompagner les personnes dans un processus d’évolution positive. Et puis, une bonne dose d’autodérision. Il en fallait, crois-moi bien. Mais une fois sortis de l’entre-soi, nous étions confrontés au réel, enfin surtout moi, avec ma matière ingrate qui n’intéressait personne : le français.

Bien sûr, il y avait toujours quelques stagiaires ultra motivés pour lesquels c’était un régal d’enseigner. Malheureusement, ce n’était pas la majorité. 

La plupart de ces adultes, jeunes et moins jeunes, avaient gardé un goût amer de leur passage sur les bancs de l’école. Travailler sur les subordonnées relatives et faire des rédactions, c’était un peu comme donner une purée blédina sans sel à un enfant de trois ans qui goûte enfin aux joies de la nourriture des grands ! « Beurk ! J’en veux pas d’ton truc » !

Sans parler des personnes éloignées du marché de l’emploi qui peinaient à se faire une place sur un marché de l’emploi en berne et souvent rattrapées par leurs vieux démons. Moi qui avais les pieds et les mains liés par un cahier des charges, je m’échinais à arriver jusqu’à elles avec des objectifs en orthographe et en conjugaison. Ça demandait une sacrée dose de créativité !

Et puis, il y avait les acteurs de la fonction publique. Ceux qui établissaient les règles du jeu et décidaient de notre sort à chaque appel d’offre. Pour ces gens, nous étions un « prestataire de services » parmi tant d’autres. La question de la qualité pédagogique n’était même pas une question. Tout se résumait à une logique de « marché ». A qui présentait l’offre la plus compétitive, qui tirait les ficelles et de quel bord il était, qui copinait avec qui. Tu me suis.

Et enfin, il y avait la hiérarchie. Souvent des anciens formateurs qui souffraient de sérieux troubles de la mémoire. Pas une once d’empathie pour nos conditions de travail. Une précarité assumée et même justifiée. Et si t’étais pas contente, la porte était grande ouverte.

Tu vois le tableau ? En tout cas, voilà un schéma (désolée pour mes piètres talents de graphiste) :

Et pendant ce temps-là, moi… Je bossais sans relâche et avec passion.

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« Je bossais sans relâche et avec passion »

Ah non, pas question de me cantonner aux photocopies des manuels scolaires des années 80 dont les étagères du Greta étaient pleines. « Tu peux aller regarder, il y a un tas de ressources dans cette armoire ». No comment. Je m’étais donné l’objectif de créer mes propres méthodes et ressources pour attirer un minimum l’attention de ces stagiaires indifférents. C’était presque une question de survie. 

Je me donnais du mal, un peu comme Jean-Claude Dusse dans les films « Les bronzés ». Lui, il ne perdait jamais l’espoir de ramener une femme dans son lit. Et malgré tous les râteaux qu’il se prenait, il persévérait et il se donnait les moyens ! Moi, comme Jean-Claude Dusse, je cherchais à mettre tous ces récalcitrants dans ma poche pour que l’expérience ne soit pas trop imbuvable.

Pour cela, je donnais du temps, de la sueur et du travail. Les deux premières années, j’ai passé mes soirées et beaucoup de week-ends à éplucher tous les bouquins que je m’étais procurés, à créer des parcours pédagogiques, à concevoir des supports attractifs et des activités variées.

Parfois, « sur un malentendu », ça fonctionnait ! Même les plus réfractaires adhéraient, j’apercevais une petite lueur dans leurs yeux, un vrai bonheur ! Je m’accrochais à la moindre remarque sincère et positive. Un simple « merci » faisait l’effet d’une bombe. Je m’en nourrissais pendant des jours comme un chien ronge son os.

Pendant longtemps, mon envie d’accompagner et de contribuer à un mieux dans la vie des gens l’avait emporté sur cette réalité cruelle et pathétique. Jusqu’au craquage.

Voilà, le moment était arrivé où je ne trouvais plus de prise nulle part. Plus rien à quoi se raccrocher. J’avais tout donné pour poursuivre ma mission, mais quel était le sens de celle-ci ?  Tout ça pour quoi ? Pour qui ?

En dépit des circonstances, j’avais reçu des signaux forts tout au long de ces années, et j’avais bien pris conscience de mes forces et de mes atouts dans ce domaine. « J’aime ce que je fais et je le fais bien », c’était devenu mon leitmotiv, mon mantra. 

C’est pourquoi j’ai tenu à continuer d’exercer mon métier de formatrice. Il ne fallait surtout pas renoncer, il suffisait de changer les règles du jeu.

« Il suffisait de changer les règles du jeu »

Ces nouvelles règles, ce sont celles de l’entrepreneuriat. Une manière de sortir de la logique délétère des marchés publics, de créer les conditions d’apprentissage et de choisir les personnes que j’accompagne.

Je ne cherche plus à m’excuser ou à imposer quoi que ce soit, je veux partager ma passion de transmettre avec d’autres passionnés qui reconnaîtront la valeur de mon travail.

Au départ, mon idée de projet entrepreneurial est désespérément floue. Je m’appuis sur deux piliers : la transmission et la langue française. En réalité, j’ai l’intention de créer un genre de “petit Greta à la sauce Nelly”. C’est tout ce que je suis capable de projeter. C’est tout ce que je connais.

Je me lance avec enthousiasme dans la création de ce projet et je décide de me former au marketing digital. C’est un univers tout neuf qui s’ouvre à moi ; même si tout semble parfaitement abstrait, je me sens immédiatement dans mon élément. Un vrai kiff !

Mais voilà que je déchante. J’ai beau apprendre 100 nouveaux concepts théoriques par jour et les mettre en pratique, je me chercheJusqu’à maintenant, à la question, « qu’est-ce que tu fais dans la vie ? », la réponse est sans détour : « je suis formatrice pour adultes et j’enseigne le français ». Mais cette même question est devenue douloureuse. Et la vérité est que je suis absolument incapable d’y répondre.

Je peine tellement à « me voir » que je ne vois rien. J’avance au milieu d’une purée de pois. On se croirait au mois de novembre en plein comté du Yorkshire, en Angleterre.  La souffrance me rappelle celle de l’adolescente en quête d’identité.

Qui suis-je ? Pourquoi je suis là ?  Qu’est-ce que j’apporte ? A qui ?

Bon dieu mais qu’est-ce que ça fait mal ! Moi qui croyais qu’avec mes talents de pédagogue et ma fibre commerciale, tout allait glisser comme sur des roulettes ! Soyons honnête, je ne l’avais pas vu venir celle-là.  

J’ai beau être dans l’action et jouer la carte du « Fake it until you make it »[1], je ne comprends toujours pas comment on fait pour exister.

[1] Fais semblant jusqu’à ce que ça passe, jusqu’à ce que ça marche

Mais je suis de nature à ne rien lâcher, un vrai roquet. Alors, je m’accroche, j’essaie de comprendre et je reste dans l’action.

Les mois passent. Je tâtonne, je teste, je réfléchis, j’observe, je lis, j’apprends, je travaille, j’affine.

Bien que j’aie encore beaucoup de mal à me projeter, je fais semblant et je bosse sur mon Why et sur mes valeurs, je définis une cible, je conçois une identité visuelle et une ligne éditoriale, j’élabore des tunnels de ventes, je crée des livres blancs, j’écris des articles et je les positionne sur des mots-clés.

Je fais tout ça en vain, mais je tiens à le faire dans les règles de l’art, ça oui. Je ne sais pas faire autrement.

En vain ? Peut-être pas. Car presque soudainement, l’évidence.

Cela fait maintenant un an et demi que je travaille jour après jour sur la création d’un projet entrepreneurial et que je me forme au marketing digital. J’ai avancé péniblement dans cette purée de poids, mais je n’ai jamais cessé de rouler. Et cela a fini par payer.

Je parviens enfin à « me voir » et à projeter l’univers qui est le mien : je suis le fruit de mes passions, de mes douleurs, de mes expériences et de mes apprentissages.

Je n’ai plus à « faire semblant », je vais simplement être moi-même et offrir le meilleur.  

Je crée alors La fibre des mots.

A l’heure où j’écris ces lignes, je me sens (enfin) alignée. Je me suis écoutée, je me suis fait confiance. J’ai suivi mes intuitions, j’ai cultivé mes passions et j’en ai accueilli de nouvelles.  

Ce que j’ai à t’offrir ? De la CLARTÉ, de la SIMPLICITÉ et de l’EXACTITUDE.

Dans quel but ? COMMUNIQUER EN COHÉRENCE AVEC TOI-MEME.