Du personal branding à l’émergence de la marque personnelle

« Connais-toi toi-même », Socrate

Le personal branding n’est pas un outil marketing comme cela est parfois avancé. Ce n’est pas non plus la traduction en anglais de la « marque personnelle », ni même l’équivalent.

Il s’agit d’un processus d’introspection évolutif qui s’entreprend en amont de ta stratégie de communication. Parfois inconfortable, le plus souvent fascinant, ce processus consiste à faire émerger l’ensemble des éléments fondateurs de ta singularité afin que celle-ci soit mise en lumière et rayonne dans le monde.

Cette singularité, c’est ta marque personnelle, ta signature.

Sommaire

« Et toi, tu fais quoi dans la vie ? »

« Je suis formatrice pour adultes spécialisée dans l’enseignement du français. »

Ça, c’était avant, lorsque j’étais salariée, et c’était confortable.

Puis, il y a eu ce jour, peu de temps après avoir quitté mon poste de formatrice, encore grisée par mon statut tout neuf d’entrepreneure, caressant les nuages.  

La même question me fait l’effet d’un couperet : « Et toi, tu fais quoi dans la vie ? ». Réponse : « Attends, donne-moi dix petites minutes… »

Je suis passée des nuages au rez-de-chaussée sans préavis. En l’espace d’un instant, j’ai réalisé que je n’existais plus à travers mon statut, mais tout simplement par moi-même.

Là, je buttais sur une première grande difficulté dans ma toute petite vie d’entrepreneure : à partir de maintenant, comment est-ce que j’allais me présenter au monde ?

L’entrepreneuriat : se positionner pour exister

Le choix de se mettre à son compte, quel que soit le domaine, n’est pas anodin. Ce besoin de poser ses propres conditions, de créer un univers singulier et de le partager avec les autres résulte bien souvent de notre désir profond d’exprimer ce que nous avons d’unique.

Par ailleurs, en tant qu’indépendants, nous mettons un point d’honneur à donner du sens à notre quotidien, à mettre de la cohérence dans nos actions, à se sentir alignés avec nos prises de décision.

C’est généralement pour toutes ces raisons là que nous avons renoncé à un certain confort. Un salaire chiffré et régulier, des règles du jeu simples et claires, une position et un rôle bien définis, des objectifs carrés et dictés de l’extérieur. Le cadre est posé.

Ce cadre, il est aussi sécurisant que limitant, presque étouffant. C’est du moins comme ça que je l’ai vécu durant toutes ces années passées dans un centre de formation où j’exerçais en tant que formatrice pour adultes. Moi qui voulais me sentir à l’aise dans un sweet taille XL, j’avais du mal à respirer dans ce corset bien serré qui me comprimait la poitrine.

Évoluant dans une cage administrative et sous des conditions fixées par des entités totalement déconnectées du terrain, j’agissais plus souvent en automate qu’en vraie pédagogue. À chaque tentative d’innover et de créer de la valeur ajoutée pour les apprenants, j’étais priée de remettre mon corset et de me plier à la réalité qui s’imposait à moi.

Jusqu’au jour où j’ai décidé de troquer mon corset contre ce sweet taille XL. Ce sweet qu’on emprunte à son père, à son grand frère ou à une pote un peu plus large d’épaule. Il est un chouïa trop grand mais qu’est-ce qu’on est bien dedans ! On se sent libre d’être nous-même.

Je suis devenue entrepreneure. Enfin, je devrais plutôt dire : j’ai eu le courage de renoncer à ma zone de confort et je suis partie vers des terres inconnues, sans GPS.

Cette sensation de liberté et de prise de contrôle sur sa propre vie avait réveillé en moi le souvenir de cette jeune fille qui, à l’âge de 19 ans, avait quitté le doux nid familial pour explorer de nouveaux univers. Une sensation presque enivrante, mais tellement éphémère. On a vite fait de se retrouver avec la gueule de bois.

En effet, lorsqu’on ne se sent pas « à sa place », c’est une chose de s’écouter et de s’en aller. C’en est une autre de savoir exactement quelle est sa place.

Se positionner pour exister. Voilà l’enjeu de tout entrepreneur qui débarque dans l’arène.

Se positionner en tant que marque pour exister

Le personal branding comme démarche personnelle

Le corset qui me comprimait la poitrine, la cage dans laquelle j’évoluais, le regard que je portais sur moi-même me voyant agir en automate, tout cela n’était que des ressentis, de simples intuitions (au demeurant puissantes). À l’époque, j’étais incapable de poser des mots sur celle que je désirais être, sur ce que je projetais de faire ou sur la place que je voulais occuper. Je nageais en plein flou artistique.

Avec le temps, j’ai réalisé que cette quête d’authenticité et d’alignement avec soi-même devait s’accompagner d’une prise de conscience de moi-même.

Devenir entrepreneur ne revenait finalement qu’à changer l’ordre des choses pour me sentir libre. Mais libre de faire quoi, d’être qui et pour qui ? Avant de communiquer aux autres ma singularité, ma différence, n’était-il pas une priorité d’être au clair avec moi-même ?

J’ai commencé à trouver des réponses grâce au personal branding. Ce genre de concept nous aide à mettre des mots sur ces actions que l’on entreprend de manière tout à fait intuitive.

Moi, mes premiers pas dans l’entreprenariat, je les ai vécus comme une traversée du comté du Yorkshire en plein mois de novembre. Un brouillard presque visqueux, une purée de pois, un écran de fumée. Durant plusieurs mois, pas la moindre éclaircie, j’ai les mains accrochées sur mon volant, je scrute l’horizon, la tête rentrée dans mes épaules et j’avance tant bien que mal.

À plusieurs reprises, je suis tentée de capituler. Mais il n’en est pas question. Mon leitmotiv ? « On lâche rien, il y a bien un moment où ça va le faire ». Je commence à avoir la conviction que le problème vient d’un manque cruel de connaissance de moi-même, de mon parcours, de mes spécificités, de mes talents, de mes ambitions. Je crois toucher du doigt quelque chose d’essentiel. Et je compte bien remédier à cela.

Je m’engage courageusement dans d’un processus d’exploration. Et sans le savoir, je m’adonne à mon personal branding.

Le personal branding consiste à un processus d'exploration de son moi profond pour faire éclore sa singularité et sa marque personnelle

Le personal branding est un terme anglophone qui désigne la démarche consistant à plonger dans les abîmes de son moi profond afin d’en extraire tous les trésors et de les mettre en lumière. Comme l’explique Béatrice Cuvelier : « le personal branding c’est l’art d’être différent. L’assumer. L’incarner. Pleinement. »

Le principe est donc de faire émerger ce que nous avons de plus authentique en nous et qui est susceptible de nous faire briller de mille feux. Travailler son personal branding revient en quelque sorte à révéler la meilleure version de soi-même.

Attention, il ne s’agit en aucun cas de « fabriquer » une image positive de soi. Les notions de vérité et d’authenticité sont essentielles à ce processus. À ce titre, William Arruda, l’un des pères fondateurs du personal branding explique qu’« une marque personnelle ne doit pas être créée. Au contraire, elle doit être découverte, renforcée et consolidée. Il faut polir son diamant ».

Le personal branding ne s’arrête donc pas au seul travail d’introspection. En réalité, il nous accompagne dans la découverte et la révélation de notre singularité et c’est ce qui conduit tout naturellement à l’éclosion et à la visibilité de notre marque personnelle.

La marque personnelle : l’éclosion de ton « moi » rayonnant

« Connais-toi toi-même. »

Socrate 

Une fois l’art de révéler sa véritable essence maîtrisé, nous pouvons alors mettre en œuvre des stratégies de communication pour faire résonner notre valeur unique à travers le monde. Cette valeur unique correspond à votre ADN, et c’est aussi ce que l’on peut appeler la marque personnelle.  Cette dénomination fait référence au fait d’appliquer à un individu tous les grands principes du branding qui font qu’une marque est identifiable, différenciée et durable car clairement positionnée.

Une marque personnelle résulte de la démarche du personal branding

C’est donc en puisant dans ton histoire, en magnifiant tes talents, en faisant émerger tes valeurs et en projetant ta vision du monde, que tu crées un univers de marque. Et c’est là toute la puissance du personal branding.

En l’absence d’un positionnement clair et d’un narratif, ton offre commerciale ne représente rien dans l’esprit des consommateurs. De fait, le “branding” est un terme qui désigne l’action de positionner une marque dans l’esprit du consommateur. C’est que l’on appelle la mentalisation.

L’univers d’une marque possède plusieurs caractéristiques visuelles (logo, charte graphique, campagnes publicitaires, argumentaires, etc.) qui correspondent à la partie visible de l’iceberg. Mais cet univers est aussi fait de symboles, d’un ton rédactionnel, de références qui agissent sur l’inconscient du consommateur, ancrent un imaginaire et génèrent ce qui est appelé la préférence réflexe.

« J’adore cette marque, je ne saurais pas trop dire pourquoi, mais je kiffe cette marque ». C’est cette préférence qui permet aux marques de se démarquer de façon significative sur leur marché. Et c’est tout aussi valable pour les marques personnelles.

Je prends toujours l’exemple des relations amoureuses. Est-ce que l’on tombe amoureux d’une personne parce que celle-ci détient tel ou tel diplôme ou qu’elle exerce tel ou tel métier ? Non. On tombe amoureux d’une personne pour ce qu’elle est et pour ce qu’elle émane naturellement. C’est une affaire de vibration et de connexion qui ne s’explique pas par des éléments rationnels.

Comprends-tu à présent l’enjeu du personal branding afin de faire émerger une marque personnelle forte et reconnaissable ? Si tu parviens, en tant que personne, à incarner les valeurs qui te sont chères, à déployer tes talents, à livrer des pans de l’histoire qui t’a construit, à projeter tes rêves et tes ambitions, ta marque laissera cette empreinte et cette saveur uniques et identifiables parmi tant d’autres.

Ce sera TA SIGNATURE, TA VIBRATION. Et toutes les personnes sur la même fréquence que la tienne se connecteront à toi. 

Voilà la magie d’être soi et de se relier aux autres

Et toi, es-tu prête à déterrer ces trésors enfouis et à les partager avec le monde ?

Communication digitale

 

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